2009.11.02

Les programmes des candidats à la présidence de la FPJQ

Pour éclairer le vote à la présidence de la FPJQ qui aura lieu le 14 novembre prochain au Delta de Sherbrooke et en saisir les enjeux, voici les programmes que les deux candidats nous ont fait parvenir. Ils ont présentés ici dans l'ordre d'un tirage au sort.


Programme de François Cardinal, journaliste, La Presse


Miser sur nos intérêts communs


La crise des médias nous interpelle comme employé, syndiqué et pigiste, en ce qu’elle se traduit par une baisse de nos conditions de travail, de nos ressources professionnelles, des contrats qui nous sont accordés.

Mais la crise nous interpelle aussi, plus largement, comme travailleur de l’information, en ce qu’elle ouvre la porte à une baisse de la qualité des contenus, voire à la disparition des médias qui nous emploient.

Une crise donc, mais plusieurs impacts qui obligent les syndicats, l’Association des journalistes indépendants et la Fédération à veiller à ce que l’information et les conditions dans lesquelles elle est produite ne pâtissent pas des compressions généralisées.

Il nous importe cependant d’avoir, dans cette période houleuse, une organisation neutre, fédératrice et crédible qui, au-delà des conflits de travail, s’assure que l’accès à l’information, la liberté de presse et le droit du public à l’information ne soient en rien sacrifiés.

L’actualité nous livre d’ailleurs actuellement, avec l’affaire «Ma Chouette», une preuve que l’objectivité de la FPJQ demeure cruciale pour tous les journalistes. Sans elle, il n’y aurait probablement pas eu de consortium de groupes de presse pour épauler le journaliste Daniel Leblanc devant la Cour suprême, dans le but de protéger le recours aux sources anonymes.

Il est d’ailleurs dans la tradition de la FPJQ de réunir ainsi des entreprises concurrentes au profit de ses membres. Rappelons-nous seulement la création d’un centre de perfectionnement des journalistes, ou encore le front commun créé il y a quelques années pour défendre le pigiste Éric Barbeau contre la firme Pelcom.

Imaginons maintenant une FPJQ plus radicale, une FPJQ qui se jette dans la mêlée, bref une FPJQ détournée de ses valeurs fondatrices. Aurait-elle la crédibilité nécessaire pour asseoir à une même table des groupes de presse aux intérêts divergents? Évidemment pas.

Certes, il y a du mécontentement au sein de la Fédération, avec raison. Appelée à réagir à chaud sur des dossiers extrêmement complexes et délicats, la FPJQ marche constamment sur des œufs, et en casse parfois. Ayant un large membership, elle déplaît à l’occasion à certains de ses membres, qui hélas s’y retrouvent moins.

Autant de raisons d’avoir un conseil d’administration hétérogène au sein duquel les débats peuvent se faire, d’avoir une direction qui embrasse plutôt qu’elle ne divise, qui écoute plutôt qu’elle ne poursuit des desseins fixes.

Cela pour préserver les acquis, mais aussi pour insuffler à la FPJQ une ouverture nouvelle et nécessaire, qui permettrait de consulter davantage les membres, de moderniser l’organisation, de mieux orienter ses priorités, de susciter plus d’implication en région, voire d’ouvrir de nouveaux fronts comme la tarification des pigistes, afin de répondre aux doléances croissantes des membres.

En tant que journalistes professionnels, nous avons assurément des intérêts divergents. Mais nous avons surtout, à la base, des intérêts communs qui nous distinguent des communicateurs.

Voilà sur quoi il faut miser, voilà sur quoi je veux miser, en étant à la fois à l’écoute et prêt à travailler avec tous ceux qui présenteront leur candidature au conseil d’administration.

Priorités

  • Priorité 1 : S’assurer que les salles de nouvelles continuent, malgré les réductions de coûts, d’offrir les ressources nécessaires pour faire un travail de qualité.

  • Priorité 2 : Protéger le travail des journalistes professionnels en participant activement aux débats sur l’avenir du métier, sur les conditions dans lesquelles il se pratique et sur la distinction entre information et communication.

  • Priorité 3 : Consulter davantage, afin de moderniser la FPJQ, de préciser ses priorités, de susciter plus d’implication et d’ouvrir de nouveaux fronts.

Biographie

  • Je suis journaliste depuis une dizaine d’années, pendant lesquelles j’ai principalement œuvré dans les quotidiens : La Presse, Le Devoir et Le Journal de Montréal.

  • Après avoir commencé à titre de commis au Devoir, j’ai occupé dans ce journal les fonctions de pupitreur, de reporter au général, de correspondant parlementaire à l’Assemblée nationale et de journaliste attitré aux affaires municipales.

  • Je me suis aussi impliqué dans le milieu journalistique, pendant cette période, en codirigeant le magazine Le 30.

  • En décembre 2002, j’ai été embauché par La Presse, où j’ai continué à couvrir la politique municipale, après quoi j’ai été nommé éditorialiste. Depuis quatre ans, je suis reporter à l’environnement. Je suis aussi, parallèlement, chroniqueur à C’est bien meilleur le matin, à la radio de Radio-Canada.

  • Dans un passé pas si lointain, j’ai aussi travaillé à titre de pigiste à l’écrit, j’ai dirigé des magazines et j’ai oeuvré à la télévision comme recherchiste, d’abord à TQS puis pour diverses boîtes de production comme Cirrus. Plus récemment, j’ai été chroniqueur aux émissions Bazzo.tv et La Vie en vert, à Télé-Québec.

  • Auteur de l’essai Le mythe du Québec vert, publié en 2007, j’ai aussi participé à différents ouvrages collectifs.

 

 

Programme de Martin Bisaillon, journaliste, RueFrontenac.com


Une équipe unie pour diriger la FPJQ

Soucieux de l’avenir de notre profession, j’ai décidé de poser ma candidature à la présidence de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ). Pour m’appuyer, je me suis entouré de Brian Myles (Le Devoir), d’Isabelle Richer (Radio-Canada), d’André Noël (La Presse) et de Michel Corbeil (Le Soleil). Ensemble, nous voulons insuffler une nouvelle énergie à la fédération en cette période de crise.

Cette crise touche tous les journalistes, qu’ils soient cadres, pigistes ou employés. Nous croyons qu’il nous incombe de défendre notre profession en faisant entendre plusieurs voix. Les financiers, les analystes économiques ou les universitaires ne sont pas mieux informés que nous pour en parler, bien au contraire.

Malheureusement ils ont occupé le haut du pavé depuis le début de ce que l’on nomme «la crise des médias». Personne n’est mieux placé qu’un journaliste pour faire valoir l’importance de la qualité et de la diversité des sources d’information dans une société démocratique. Comme professionnels engagés à promouvoir notre métier, notre devoir est de faire comprendre aux grands groupes de presse, aux pouvoirs politiques et à la population en général notre valeur et notre importance dans la préservation de la démocratie.

Grogne

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec a suscité beaucoup de mécontentement ces derniers mois parmi