Billets

Depuis janvier 2018, vous retrouvez chaque semaine, à la fin de votre lettre InfoFPJQ, sous la plume de journalistes et chroniqueurs bien connus, un point de vue ou une analyse sur l’actualité médiatique.

Évidemment, les propos tenus dans le billet n’engagent que leur auteur.

Harcèlement en ligne : pour que ça change !

Par Marilyse Hamelin 

Gens de la chronique, de l’animation et même du journalisme dans son ensemble, peu d’entre vous ont la chance d’échapper au harcèlement en ligne, à une époque où les réseaux sociaux sont omniprésents et donc au cœur du quotidien de ce métier qui nous expose. 

Or la réception de messages menaçants, intimidants et dégradants via les réseaux sociaux ou par courriel peut à la longue porter atteinte à la santé mentale. Il sagit dun dossier relié à la maladie professionnelle, un enjeu que nos employeurs ont tendance à sous-estimer. 
 

Il importe aussi de mentionner que la fréquence et la teneur du harcèlement diffèrent selon quon est homme ou femme. Bien que les chroniqueuses ne forment pas un bloc monolithique et ne soient pas toutes daccord sur les enjeux marquant notre société (loin sen faut!), elles ont en commun de faire les frais dattaques plus violentes, sexistes, et de recevoir des commentaires qui sen prennent à leur sexualité. Elle est là, la différence. 
 

En novembre 2017, un sondage mené par la Fédération internationale des journalistes auprès de 400 femmes œuvrant dans 50 pays a démontré quune journaliste sur deux a signalé avoir été victime de violence fondée sur le sexe, dans le cadre de son travail.  
 

Le sondage exposait aussi le problème du harcèlement sexuel vécu par les femmes journalistes. Dans 45 % des cas, cela est survenu à lextérieur de lenvironnement de travail. Le reste du temps, les harceleurs étaient leur supérieur (38 % des cas) ou encore des collègues (17% des cas). Voilà qui nous rappelle le scandale de la Ligue du LOL 
 

De plus, létude internationale indique que 44% des femmes journalistes disent avoir été victimes de harcèlement en ligne. On peut être tenté de temporiser et se rassurer en se disant que cest mieux au Québec, mais lest-ce vraiment? Cette réalité existe. Je lai vécue, de même que beaucoup de femmes journalistes de ma connaissance. Jai souvent répété qu«un jour il va falloir quon raconte et compile tout ça». 
 

Eh bien, ce temps est venu. La Fédération nationale des communications (FNC-CSN), qui pilote la campagne Presse en danger, a décidé de mener un sondage à l’échelle québécoise pour tracer le portrait du phénomène du harcèlement en ligne dans le monde des médias et plus spécifiquement chez les travailleurs de linformation qui sont à lavant-plan : journalistes, chroniqueurs-euses et animateurstrices 
 

La FNC a choisi de ne pas restreindre létude au genre féminin, car elle estime important de documenter lensemble du phénomène. Sur le coup, ça ma laissée songeuse. Mais, au final, puisque nous devons indiquer notre genre en début de questionnaire, je crois que les données recueillies permettront justement de faire des comparaisons, pourvu que la participation soit à la hauteur. Cest pourquoi jai moi-même rempli le questionnaire et je vous incite fortement à le faire! 
 

Journaliste indépendante et conférencière, Marilyse Hamelin est lauteure de lessai Maternité, la face cachée du sexisme. Elle signe aussi le blogue Féminin universel chez  Châtelaine 

Les propos reproduits ici nengagent que leur autrice. La FPJQ ne cautionne ni ne condamne ce qui est écrit dans ces textes dopinion.  

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