Prises de position de la FPJQ

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec défend la liberté de presse et le droit public à l’information. Elle intervient chaque fois que la liberté de presse est menacée. Elle fait entendre la voix des journalistes partout où c’est nécessaire, dans les commissions parlementaires, devant le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), dans les conseils municipaux, auprès des juges, de la police et des organismes publics dont les politiques de communication entravent le travail des journalistes.

« La FPJQ s’est battue pour la liberté de la presse. Elle est derrière nous tous les jours. Et elle doit le demeurer. C’est pour ça que j’ai ma carte. »

Antoine Trépanier

Journaliste à Radio-Canada Ottawa/Gatineau, arrêté le 13 mars 2018 pour harcèlement criminel alors qu'il tentait d’obtenir une entrevue avec une intervenante.


Voici les prises de position de la FPJQ.

Commission Chamberland: le procureur en chef n’a pas la légitimité pour siéger

C’est avec une profonde déception que la FPJQ conteste la légitimité du procureur en chef de la commission sur la protection des sources journalistiques, Me Bernard Amyot.

Dans des lettres d’opinion publiées dans la presse qui ont récemment refait surface, le procureur en chef s’est montré ouvertement méprisant à l’endroit des médias et des journalistes. Il a dénoncé en particulier Patrick Lagacé de La Presse, l’un des journalistes espionnés par les corps policiers, au cœur de la commission d’enquête.

Dans un article de près de 1000 mots daté de 2008 et publié dans The Métropolitain, Me Amyot dénigre en long et en large M. Lagacé, le décrivant comme «ni journaliste ni analyste». Le journaliste était déjà employé de La Presse, à l’époque après plusieurs années au Journal de Montréal.

Me Amyot écrit :

«Couvert de son titre de « chroniqueur » d’un important journal quotidien, Lagacé s’offre donc le loisir de livrer des jugements qui lui sont purement personnels, sachant qu’il jouit pour ce faire d’une complète impunité : il n’a en effet aucun compte à rendre à qui que ce soit, puisque personne n’exige de lui que ses propos s’élèvent plus haut que les clichés les plus éculés.»

Dans une autre lettre ouverte publiée en mai 2012 dans le Devoir, intitulée «Honte au bâtonnier», Me Amyot démontre, à nouveau, son dédain assumé des médias, affirmant qu’ils avaient «pour une fois» usé de raison :

«Moins de 30 minutes après la publication de votre communiqué de presse, vous étiez déjà la risée des médias, qui se demandent par ailleurs, pour une fois avec raison, où vous vous cachiez depuis trois mois…»

Alors que la Commission d’enquête sur la protection de la confidentialité des sources journalistiques prépare, en ce moment même, l’ouverture des audiences et l’approche des personnes clés qui y participeront, la FPJQ demande à la commission de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la crédibilité de ses travaux.

La FPJQ estime qu’il n’y a d’autre option que de remplacer le procureur en chef, l’avocat le plus haut placé de la commission, qui doit faire preuve d’impartialité et agir dans l’intérêt du public. Dans ses lettres ouvertes, Me Amyot semble vouloir régler ses comptes avec la presse et manifeste un biais à l’encontre de ceux qui ont été les victimes d’espionnage par les corps policiers.

Le temps presse puisque, préalablement aux audiences, les avocats de la commission peuvent déjà «interroger des personnes qui possèdent des renseignements et des documents ayant rapport avec le sujet de l’enquête», mettant ainsi en place les premiers éléments de l’enquête.

Le public québécois doit être persuadé du plus haut niveau de crédibilité et d’impartialité de la part de ceux qui siègent en son nom à cette commission dont le mandat, faut-il le rappeler, est d’enquêter sur les pratiques policières à l’endroit de journalistes, pratiques qui ont mis en péril notre démocratie.

sourcesprotectiongouvernementprovincial
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