Prises de position de la FPJQ

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec défend la liberté de presse et le droit public à l’information. Elle intervient chaque fois que la liberté de presse est menacée. Elle fait entendre la voix des journalistes partout où c’est nécessaire, dans les commissions parlementaires, devant le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), dans les conseils municipaux, auprès des juges, de la police et des organismes publics dont les politiques de communication entravent le travail des journalistes.

« La FPJQ s’est battue pour la liberté de la presse. Elle est derrière nous tous les jours. Et elle doit le demeurer. C’est pour ça que j’ai ma carte. »

Antoine Trépanier

Journaliste à Radio-Canada Ottawa/Gatineau, arrêté le 13 mars 2018 pour harcèlement criminel alors qu'il tentait d’obtenir une entrevue avec une intervenante.


Voici les prises de position de la FPJQ.

Le Quartier DIX30 tente de forcer un photographe de presse à supprimer ses images

La FPJQ juge abusif que la direction du centre commercial Quartier DIX30 ait demandé à un photographe de La Presse d’approuver les photos prises sur les lieux où s’est terminée une cavale meurtrière, le dimanche 4 décembre.

Frédérick Gingras a été arrêté au terme d’une poursuite policière qui a pris fin dans un stationnement du DIX30, à Brossard. Dans sa cavale qui a débuté à Pointe-aux-Trembles, M. Gingras aurait abattu deux personnes, en plus d’en blesser une troisième. Il a été envoyé à l’Institut Pinel pour une évaluation psychiatrique.

Le lendemain matin, le photographe de La Presse, Martin Chamberland, s’est rendu au centre commercial. Sur place, on lui a d’abord interdit de prendre des photos.

Après lui avoir confirmé l’interdiction au téléphone, la directrice marketing du Quartier DIX30, Julie Morin, lui a permis de prendre des photos sous supervision. Pour faire le tour de la scène, il devait être accompagné du directeur de la sécurité, Luc Périard. Ce dernier lui a dicté au fur et à mesure quelles photos il pouvait conserver et lesquelles il devait supprimer. Le directeur a dit vouloir s’assurer qu’aucune enseigne de boutique du Dix30 n’était photographiée. La Presse n’a pas cédé aux pressions et a publié les photos qu’elle jugeait d’intérêt public.

On ne voyait pratiquement rien sur les photographies « autorisées » du DIX30, à part les voitures de police en gros plan. On ne pouvait pas voir où elles étaient, on ne comprenait pas le contexte», a expliqué le photographe de presse à la FPJQ.

Le DIX30 a évoqué au photographe le caractère privé du terrain et la nécessité que les commerces ne soient pas associés à l’incident qui s’y était déroulé. Mme Morin a expliqué à la FPJQ que M. Périard accompagnait M. Chamberland afin qu’il n’ait pas de problème à circuler puisqu’en temps normal les journalistes ne sont pas autorisés sur le terrain du DIX30. La direction du DIX30 a insisté auprès de la FPJQ sur le caractère privé de son terrain et sur son devoir de protéger l’image et la réputation de ses locataires.

L’endroit en question est un stationnement extérieur accessible au public en tout temps où venait de se dérouler un tragique événement dont le public a le droit d’être informé sans que des portions d’information lui soient soustraites. En voulant protéger l’image de marque de commerces qui n’étaient pas en cause dans le drame survenu, le DIX30 s’est livré à une tentative de contrôle de l’information excessive et injustifiable.

Par ailleurs, des images du périmètre de sécurité érigé dans le stationnement du DIX30 avaient circulé toute la journée dans les divers bulletins télévisés. Le DIX30 l’explique en affirmant que ces images étaient prises de la rue. Les policiers sur place n’ont, pour leur part, eu aucune réticence à la prise de photos, a expliqué le photographe de presse.

La FPJQ rappelle aux dirigeants du Quartier DIX30 qu’il ne revient pas aux entreprises d’approuver des photos de presse d’intérêt public.

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